Notre dernier podcast

Voyager dans son espace-temps - 9 mars 2016

Billets no image

Publié le 3 février 2017 0

Sciences et Sentiments

La « science moderne », déployée de concert avec la Renaissance européenne, est encore imprégnée de symboles mystiques ou, pour le moins, d’inerties conservatrices (peu conscientes). Mais une philosophie plus progressiste, particulièrement en France, semble vouloir bousculer la hiérarchie des idées convenues, donc quelques-unes de nos « valeurs » culturelles. Pourquoi ? Prenons un peu de recul sur le capharnaüm social ambiant (médiatique et idéologique). Quoi de plus naturel que de souhaiter « y voir plus clair par soi-même » ? Quoi de plus légitime que de proposer de nouvelles solutions, alors que nos enfants risquent gros pour leurs vies adultes si nous ne bougeons pas le curseur de « nos » valeurs ?

Paradoxalement, alors que « la science » deviendrait plus fiction que travail, plus artificielle que vécue, elle ne s’est toujours pas mise en quête de vraiment comprendre « comment chacun de nous procède pour penser ». C’est incontestable, qui d’entre-nous souhaite comprendre « comment nous faisons pour prendre conscience de tel geste ou de telle pensée ». Pourtant, à l’heure où nous autorisons certains dirigeants à appuyer sur « le bouton rouge », à l’heure ou le climat mondial s’envole sans réaction notable des plus puissants, il devient essentiel que ces questions soient résolues.

Pour nous éclairer sur ce paradoxe comportemental de la science moderne, jetons (juste) un œil sur la phylogénèse des valeurs humaines depuis la Renaissance. La valeur de nos vies fut longtemps réservée au somatique. La médecine s’est ainsi développée depuis mais, premier paradoxe, elle n’analyse que très partiellement les sensations décrites par les « patients ». Puis, au sortir du siècle des lumières, la science s’est intéressée très modérément aux émotions socio-individuelles. Donc à nos ressorts psychosomatiques, voire aux « valeurs psychologiques » de notre humanité. Malgré cette « progression scientifique d’apparence », notons ainsi que nos sensations ou émotions ne constituent pas pour autant le cœur des doctrines officielles de santé physique ou mentale !

Comment expliquer ce fossé béant entre le « besoin de vivre mieux », exprimé par chacun (via notre capacité à discerner nos sensations et émotions), et les « valeurs » soutenues par la physique, les neurosciences et les « sciences humaines » (à l’occasion métaphysiques) ? Selon moi, la raison essentielle se situe dans l’archaïsme plurimillénaire de notre « science de l’esprit ». Une science cognitivement écrasée par l’ensemble de nos symboles mystiques. En effet, notre esprit possède un vécu à part entière, par alliance intime de matières et de mémoires (tout comme notre physique et notre mental – cf. dernière publication). Et l’expression au cœur des « valeurs de l’esprit » constitue celle de nos sentiments. Ainsi, en considérant puis en comprenant le rôle central des sensations, des émotions, et surtout des sentiments (vécus via chaque expérience), « la science » pourrait, avec notre participation, en atténuer les expressions les plus négatives, les plus extrêmes voire les plus… extrémistes (aussi les plus archaïques). Des expressions humainement et socialement pathologiques (vécus alors sous forme de douleur, de peine et/ou de malédiction !).


A propos de l'auteur



Laisser un commentaire

Back to Top ↑
  • Connexion

  • Derniers articles