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Publié le 26 mai 2017 2

Quelle “charge mentale” portez-vous ?

Le concept de « charge mentale », vulgarisé grâce aux récentes BD d’Emma, me réjouit et m’attriste à la fois. Il nous aide à prendre conscience de la notion de « poids mémoriel », celui que porte chaque corps vivant (en cours « d’expérience »). En ce sens réjouissons-nous de cette avancée de conscience… sociale. Mais paradoxalement, il est triste de constater que notre culture, inhibée par ses traditionnels « copier/coller émotionnels » (de stade limbique), souffre depuis des siècles d’un déficit conceptuel chronique. En effet rares sont celles et ceux d’entre nous qui spontanément cherchent à mieux comprendre ce qu’ils vivent. Dans leurs vies physiques, mais surtout dans leurs vies mentales !

La notion de « charge cognitive » fut introduite par le psychologue John Sweller en 1988. Cependant, comme tous les psys et neuropsys du siècle dernier (issus du culte freudien), ce spécialiste de l’éducation ignore totalement de quelle substance sont constituées nos « mémoires » ! Plus grave encore : J. Sweller, tout comme la quasi-totalité des spécialistes de « la » mémoire (sous entendue « mentale »), pataugent allégrement entre mémoire à court terme, par nature comportementale, et mémoire à long terme de nature mentale. Comprenons par là que, selon le point de vue des experts de la « charge mentale » (et donc aussi du « burn-out »), la difficulté à gérer une charge sociale importante viendrait essentiellement d’un stress psychologique, pour ne pas dire plus simplement d’un « stress émotionnel ». Ainsi les pères de famille, que nos cultures abrahamiques ont exempté des tâches ménagères (par machisme millénaire), ont très longtemps échappé à toute « charge mentale domestique ». Mais chemin faisant ce stress domestique, encouragé par tous nos objectifs d’efficacité matérialiste (tayloriste ou autre), a réussi à contaminer l’ensemble de nos sphères sociétales (familles, entreprises, …, nations).

L’invective « Fallait demander », dévoilée par Emma aux mères de famille, n’est donc qu’un microéchantillon d’un phénomène culturel bien plus répandu, et entretenu par nous tous collectivement. Oui, il résume notre impuissance actuelle, conséquence de notre culte de l’empirisme, à prévenir les pathologies de nos sociétés… démunies d’esprit critique. Comment nous extraire de cette « embolie émotionnelle », et des multiples stress sociaux qu’elle engendre ? En réalité la chose est vraiment simple à résoudre. Je vous en parlerai… lors d’un prochain billet d’humeur !


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2 Responses to Quelle “charge mentale” portez-vous ?

  1. jan_fran@hotmail.fr says:

    Bonjour c’est pas parce qu’on nous a exempté des tâches ménagères que nous sommes dépourvus de charge mentale parce que l’on en a une aussi imposée par cette même culture abrahamique vous savez, la responsabilité morale et matérielle de toute la famille sur le long terme et pour cela devoir stimuler notre ambition notre honneur,lutter contre notre paresse notre égoisme,c’est bien l’homme qui porte cette responsabilité et la femme souvent attend ça de lui (peu de femmes divorcent parce que leur mari ne passe pas l aspirateur )donc si l’homme doit assumer sa part de tâches domestiques la femme doit aussi assumer en partie la charge mentale dévolue aux hommes.

    • Pascal says:

      Bonjour,
      Vous évoquez ici une charge mentale consciente, partagée et consentie par un couple parental équilibré et responsable. Bien des couples peuvent vivre des charges mentales différentes du standard judéo-chrétien. Visiblement le cas décrié par Emma est celui du mari qui espère partager la “charge du long terme”… mais qui espère tout autant échapper à la “charge du court terme” (ménage, repas,..) !
      Bien pis encore : certains parents peuvent stresser (par charge mentale), sans pour autant vouloir accompagner ni le court ni le long terme de leurs enfants!
      Officiellement on parle de “difficulté psychologique”. Mais bien souvent il ne s’agit que d’émotions culturelles non gérées… depuis l’enfance. C’est ce thème que j’évoquerai lors d’un prochain billet.

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