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Voyager dans son espace-temps - 9 mars 2016

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Publié le 9 novembre 2017 0

Performance et limites du cognitif

Les formations cognitives sont devenues au siècle dernier « la » garantie incontestée de notre capacité à devenir savant ou décideur, sachant ou puissant. Les facultés cognitives développent a priori les meilleurs cerveaux sapiens. Inexorablement, elles ont de plus en plus influencé la vie collective… que nous vivons aujourd’hui ! Soit. Notre mental cognitif, dont le « contenant » neuronal se concentre dans notre cerveau néocortical, suggère un « contenu » psychologique bien plus évolué que celui de notre mental animal (de stade limbique).

Rappelons-nous que par un processus d’émergence… de matière (« le tout est plus que la somme de ses parties »), le néocortex humain a grossi par phylogenèse (suivant Darwin, « l’organe adapte sa fonction »). Et simultanément, au regard de notre propre ontogénèse (suivant Lamarck, « la fonction crée l’organe »), notre cortex progresse par activation de mémoires plus complexes ! (l’observation phylogénétique concerne la vie matérielle, alors que notre regard ontogénétique existe via  nos mémoires propres  – cf. articles NW Science).

Tenant compte de ce contexte, j’affirme ici que le cognitif ne constitue pas le stade le plus évolué de la psyché humaine. Certes la pensée réflexive, associative et déductive, a permis d’établir des lois et des théories très élaborées (souvent complexes), en dépassant largement les aptitudes « copier/coller » de notre mental animal. Oui notre cognition, au grand dam des amoureux de Descartes (cf. publication), n’a pas accès aux capacités d’adaptation et de projection (matérielle), ni à la fluidité (mémorielle) de notre esprit !

Car depuis l’époque « cartésienne », où la science était encore soumise à la conformité religieuse, nous confondons « mental » et « esprit ». Par réflexe culturel, par « tabou » (un processus psychique « hypo-fonctionnel » – cf. psychologie expérimentale). Pour ne pas abuser de votre patience, ne regardons ici que trois des multiples clés à l’origine de cette malheureuse confusion… phylogénétique (une publication complète sera proposée par NW Science avant fin 2017) :

  • Sous l’angle de la phylogenèse humaine, l’acte cognitif constitue une fonction mentalisée, dont la bibliothèque mémorielle est surtout axée sur du Passé. Au même titre que pour le mental social (type « copier/coller »), la cognition est assujettie à une adaptation plutôt collectiviste (alors que le stade comportemental, individualiste chez l’humain, nous oriente vers du Présent). En gros nous pourrions dire que le cognitif reste d’obédience intellectuelle. Au mieux il nous permet de comprendre que ses « processus de résolution » nous offrent la possibilité de nous « surpasser ». C’est ce stade psychique qui nous encourage, pour l’essentiel en mode « lutte » (concerne la majorité des occidentaux), à souscrire aux démarches de types PNL et « intelligence collective » (ou leur quintessence, le « Mastermind group »!
  • Mais le cognitif reste peu capable d’adaptation vis-à-vis des situations non encore imaginées. Pour accéder à une telle « intelligence adaptative », Homo sapiens doit pour cela développer son « esprit ». C’est-à-dire son stade néocortical ultime, d’émergence émancipatrice vers le « non connu » (ses Futurs… « potentiels »). Seul ce niveau psychique, textuellement « spirituel » (et lié au cortex orbitofrontal), permet de découvrir… ce qui ne l’était pas encore. Notons au passage que « le spirituel de législation religieuse » s’est insinué dans nos mémoires mentales par phylogenèse (en cultivant un imaginaire arc-bouté… sur une morale légiférée). A contrario les esprits les plus ouverts savent accueillir spontanément des archétypes et des concepts inédits, étrangers aux mémoires culturelles en place !
  • Seules les fonctions de l’esprit engendrent plus « d’individuation» en offrant plus d’adaptation, et plus de « sens ». Face à la situation actuelle de l’humanité (en ce « siècle de tous les dangers »), il me semble essentiel que chacun puisse accueillir puis favoriser le développement de son propre esprit. Un « esprit libre » donc, curieux, imaginatif, et in fine créatif… comme l’ont déjà testé depuis longtemps certains « artistes » (qui devaient paradoxalement leur essor au mécénat religieux !).

La science cognitive n’a pas encore identifié cette association fonctionnelle entre phylogénèse et ontogénèse. A savoir ce lien cybernétique originel entre le substrat matériel (spatial), et la substance mémorielle (temporelle). En effet elle s’est autolimitée, culturellement, à l’empirisme (expérimental) et aux théories (intellectuelles). Cependant il nous reste à concevoir aujourd’hui les solutions d’un Futur possible. En particulier celles d’une culture de vie plus humaniste, par-delà notre statut « social » (qui survit entre Passé mental et Présent comportemental), et accueillant enfin les générations futures… grâce à notre « esprit d’entreprendre mieux » !


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