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Voyager dans son espace-temps - 9 mars 2016

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Publié le 6 septembre 2017 0

Le mensonge… à soi-même !

Durant des dizaines d’années (eh oui !), je me suis interrogé sur cette ineptie qui consiste à expliquer aux enfants puis aux ados, que mentir (aux autres) est une erreur, voire un « péché » ! Il semblerait en effet que mentir consiste à énoncer délibérément un fait contraire à « la » vérité. Or, perpétuelle couleuvre culturelle, cette « vérité » n’existe qu’au travers de notre propre vécu, in fine toujours individuelle. Pis encore, nous savons tous, pour l’avoir expérimenté, que « mentir à l’autre » est parfois nécessaire pour le protéger (voire même son environnement) !

Certes dans les conventions de bienséance, de démocratie et de confiance mutuelle, le mensonge (aux autres) est à proscrire… dans toute la mesure du possible. Mais, bien plus fondamental, c’est le « mensonge à soi-même » qu’il serait indispensable de ne jamais créer. Car ses conséquences sont multiples. Sournoises, elles peuvent se révéler à terme dangereuses pour notre santé… physique et/ou mentale. Auriez-vous le moindre doute ? Alors allons voir du côté de toutes ces « histoires qu’on se raconte »… chaque jour ! Lorsque nous nous « racontons des histoires » (c’est-à-dire quand nous nous mentons, plus ou moins sciemment), nous inventons un scénario imaginé… incompatible avec celui déjà connu (par nous-mêmes). Et les exemples quotidiens sont innombrables : « il m’en veut parce que… », « je suis sûr qu’elle m’aimera parce que… », …, « jamais je ne pourrais leur dire que… ». Oui, comprenons par là que le sujet central du « mensonge à soi-même » est celui des croyances, installées ou en cours d’installation ! Plus précisément encore, plus le « chapelet de nos croyances » prend de la consistance, plus notre vie intérieure devient telle une « religion intérieure ». Et cette religion psychique, lorsqu’elle devient chronique, peut évoluer jusqu’à se transformer en schizophrénie, en paranoïa, …, voire en psychose « extrémiste » !

Mais, face à ce péril psychique fréquent (qui affecte de nombreux cercles familiaux et sociaux), la vraie question collective que nous pourrions nous poser ne serait-elle pas : « pourquoi l’adolescent puis l’adulte prend-il ce risque d’adhérer… à ce qu’il décide de croire, sans discernement aucun ? ». Ce processus sournois, mentalement castrateur, qui démarre bien souvent au cœur de l’enfance, n’aurait-il pas son origine dans un déficit de liberté… d’expression ? C’est-à-dire dans sa propre liberté de pensée ? A savoir encore, dans sa propre « liberté de parole » (exprimée en mode « réel ») ? Pour ma part j’en suis convaincu. Nos « sociétés bien pensantes », de plus en plus normatives pour les unes, de plus en plus religieuses pour les autres, …, et d’une façon générale de plus en plus codifiées, quadrillent la liberté de pensée des plus faibles (ou fragiles).

Qu’en est-il pour votre part ? A configuration égale (d’âge et de conscience), seriez-vous plus « libre de paroles » aujourd’hui qu’en… 1980 ? Alors, comment pourriez-vous agir pour redynamiser votre propre liberté (de pensée), et ainsi limiter l’impact de vos propres histoires et donc… de vos « mensonges à vous-mêmes » ?


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